Billet du 14.02.2026

De GrandTerrier

Enquête sur l'histoire de l'occupation et de la Libération


Un questionnaire envoyé en 1949 à toutes les mairies par les Archives départementales du Finistère, et la réponse circonstanciée du maire de la commune d'Ergué-Gabéric.

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Le fonds 178 W de la Direction départementale de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaCVG) conservé aux AD29 contient de nombreuses pièces inédites sur la période de la seconde guerre mondiale. Notamment cette « Enquête sur l'histoire sur l'histoire de l'occupation et de la Libération » constituée d'un formulaire rédigé par les Archivistes envoyé aux mairies et de toutes les réponses communales, celle de la commune d'Ergué-Gabéric.

Pas moins de 37 questions sont rédigées, réparties en chaque chapitres : I. Bilan de la guerre. II. L'occupation. III. Les faits de guerre. IV. La résistance. Les questionnaires sont envoyés en début d'année 1949, avec comme consigne : « Veuillez adresser les réponses à ce questionnaire à M. l'Archiviste en chef du département qui est correspondant de la Commission ministérielle d'histoire de l'occupation et de la Libération de la France. ».

Il est également rappelé que les infos fournies sont confidentielles et exclusivement destinés à des fins historiques : « Les réponses seront conservées aux Archives départementales au même titre que tous les documents publics ou privés et ne pourront être communiquées éventuellement à des chercheurs qu'après l'expiration du délai légal minimum de cinquante ans. »

La réponse d'Ergué-Gabéric, datée du 5 Août 1949, est signée par le maire de l'époque, à savoir Corentin Signour. Trois feuilles manuscrites sont fournies, sans doute calligraphiées par le secrétaire de mairie Louis Barré, ou par son adjoint Jean Le Corre, ce dernier étant un rescapé des camps et ancien résistant notoire.

Si les infos fournies sont courtes, voire elliptiques, elles n'en forment pas moins un tableau global des années de guerre tel qu'il est perçu seulement 5 ans après la fin du conflit :

  • Relativement peu de victimes avant l'Armistice (6 morts et 8 blessés) et de 1940 à 1945 (11 morts au total dont 3 civils et le déporté politique).
  • Nombre très important de prisonniers de guerre entre 1940 et 1945 : 138 au total, tous revenus (15 avant la Capitulation, 123 après), un décédé (Hervé Bénéat). Le décès de Marie Mocaër-Nancel, originaire de la commune, n'est pas cité.
  • Les réquisitions du S.T.O. : 50 jeunes gens sont visés par le Service de Travail Obligatoire, 9 sont partis en Allemagne, les autres se sont cachés, avec en plus ceux qui venaient d'autres communes, six venant de Belgique.
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  • Très peu de faits de guerre se sont produits sur le territoire communal, à part les cantonnements dans les écoles, l'exécution d'un « paysan inoffensif, pris pour un terroriste », des violences envers les employés de Mairie en juin 44.
  • Pour les opérations de résistance, les jeunes hommes auteurs du cambriolage des bureaux du S.T.O à Quimper le 14-1-1944 sont mis en avant : Balès François - tué en Combat à Crozon ; Bénéat Hervé - mort en Déportation ; Le Corre Jean - Rapatrié (D.P.) ; Le Moigne Pierre.
  • Ne sont pas cités la résistance active des époux Lazou, instituteurs à Lestonan, ni celle de Gwenaël Bolloré, un des premiers français à débarquer sur les plages de Normandie.
  • D'autres noms sont mentionnés : Eugène Laurent, aviateur F.F.I., tué en Syrie ; Jean Berri, F.F.I. en Angleterre, tué en débarquant ; Le Cam Michel, marin, mort en mer.

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En savoir plus : « 1949 - Enquête sur l'histoire de l'occupation et de la Libération », espace Archives.



La semaine dernière le billet sur la bannière des prisonniers de 1945 portait un questionnement sur les initiales A.P. qui y sont brodées. La réponse n'a pas tardé, le donateur est identifié : il s'agit Alain Pétillon de la ferme du Méouët. Né à Elliant en 1904 il épouse en 1935 Marie Louise Perrine Le Meur de la ferme de Méouët où il s'installe comme agriculteur.

Mobilisé en 1940 il est fait prisonnier le 18 mai à St-Quentin et part en Allemagne pour les stalags III B à Eisenhüttenstadt (frontière polonaise) et III A à Luckenwalde (Brandebourg) [4]. Il est libéré et rapatrié le 8 mai 1935, et vraisemblablement a fait faire cette bannière à son retour à Ergué-Gabéric pour être portée lors du pardon de Kerdévot en septembre.

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En savoir plus : « Les deux bannières gabéricoises de Notre-Dame de Fatima », espace Patrimoine.




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