Un banquet à la papeterie pour les médaillés avec ancienneté, journaux 1909

De GrandTerrier
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Une grande fête donnée en l'honneur de l'ancienneté remarquable des ouvriers, ouvrières et contremaîtres, alors que les grèves éclatent sur le territoire national.

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Extraits de coupures des journaux locaux (Ouest-Eclair, Courrier du Finistère, Union Agricole, Progrès du Finistère.

Autres lectures : « René Bolloré (1885-1935), entrepreneur » ¤ « René-Guillaume Bolloré (1847-1904), entrepreneur papetier » ¤ « Généalogie BOLLORÉ » ¤ « Jean Pierre Rolland (1855-1914), papetier » ¤ « Mae Kergoat-Guéguen (1859-1938), née Léonus, contremaitresse de papeterie » ¤ « 1880-1900 - Ouvriers de la papeterie d'Odet » ¤ « 1894 - Ouvrières de la papeterie d'Odet » ¤ « La fête du centenaire des papeterie Bolloré en 1922, cartes postales Villard » ¤ 

Présentation

... L'Ouest-Eclair [1] ... Progrès du Finistère [2] ... La Dépêche de Brest [3] ... L'Union agricole [4] ... Le Courrier du Finistère [5] ...


Transcriptions

Ouest-Eclair

Entente cordiale entre Ouvriers et Patrons

Après les divertissements entre patrons et ouvriers, qui ont éclaté un peu partout, ces temps derniers, nous sommes heureux de signaler les ententes cordiales.

Un bel exemple vient de nous en être donné, le premier de ce mois, par les papeteries à cigarettes d'Odet et de Cascadec (Finistère), fondées en 1822.

Sur 255 ouvriers et ouvrières que compte le personnel de ces usines, 17 avaient déjà la médaille d'ancienneté de services pour plus de tente ans de séjour consécutif ; mais, le 1er août, M. Bolloré remettait en plus les 66 médailles qu'il avait obtenues du gouvernement et de l'Alliance des Chambres syndicales de Commerce et d'Industrie, dont le siège est à Paris, pour 30 et 20 ans de services.

Ces usines sont, peut-être, les seules à compter une aussi forte proportion de décorés, puisque près d'un quart du personnel est médaillé : 22 pour plus de 30 ans, et 38 pour plus de 20 (au total 83 médailles entre 60 ouvriers).

Quant aux contre maîtres, celui de Cascadec a 43 ans de services et 23 ans de contre maîtrise ; celui d'Odet 29 ans de services, dont 16 de contre maîtrise.

C'est un bel exemple qui fait autant d'honneur au patron qu'aux ouvriers.

A la suite de la remise des décorations, un grand banquet réunissait, à la papeterie d'Odet, dans une salle artistement décorée par les papetières elles-mêmes, tous les employés et décorés.

Progrès du Finistère

Ergué-Gabéric. - Une fête ouvrière à la Papeterie. - Dimanche dernier, grande fête et festin à la Papeterie d'Odet. M. Bolloré attribuait 66 médailles données par le gouvernement et par l'Alliance des chambres syndicales de Paris pour plus de 30 et de 20 années consécutives « de bons et loyaux services »

Sur 255 ouvriers et ouvrières que compte le personnel des Papeteries d'Odet et de Cascadec, 22 se trouvent à l'heure actuelle médaillés pour plus de 30 ans et 38 pour plus de 20. Au total 83 médailles entre 60 ouvriers.

C'est un rare et bel exemple, surtout par les temps aussi troublés que ceux que nous traversons.

Gloire et prospérité toujours croissance à cette grande et belle famille ouvrière !

Dépêche de Brest et Union Agricole

Bons patrons, bons ouvriers

Sous ce titre nous lisons dans la Dépêche de Brest :

Après les dissidences, entre patrons et ouvriers, qui ont éclaté un peu partout, ces temps derniers, nous sommes heureux de signaler les ententes cordiales.

Un bel exemple vient de nous en être donné, le 1er de ce mois, par les papeteries à cigarettes d'Odet en Ergué-Gabéric et de Cascadec en Scaër, fondées en 1822.

Sur 255 ouvriers et ouvrières que compte le personnel de ces usines, 17 avaient déjà la médaille d'ancienneté de services pour plus de tente ans de séjour consécutif ; mais, le 1er août, M. Bolloré remettait, en plus, les 66 médailles qu'il avait obtenues du gouvernement et de l'Alliance des Chambres syndicales de Commerce et d'Industrie, dont le siège est à Paris, pour 30 et 20 ans de services.

Ces usines sont peut-être les seules à compter une aussi forte proportion de décorés ; puisque près d'un quart du personnel est médaillé : 22 pour plus de 30 ans, et 38 pour plus de 20 (au total 83 médailles entre 60 ouvriers).

Quant aux contre-maîtres, celui de Cascadec a 43 ans de services et 23 ans de contre-maîtrise ; celui d'Odet 29 ans de services, dont 16 de contre-maîtrise.

C'est un bel exemple qui fait autant d'honneur au patron qu'aux ouvriers.

A la suite de la remise des décorations, un grand banquet réunissait, à la papeterie d'Odet, dans une salle artistiquement décorée par les papetières elles-mêmes, tous les employés et décorés.

Médaillés de 1898 (Union Agricole)

Médailles d'honneur

Voici la liste des ouvriers et employés du Finistère ayant plus de trente ans de service dans le même établissement, auxquels le ministre du commerce, de l'industrie, des postes et des télégraphes vient de décerner une médaille d'honneur :

  • M. Rolland Jean-Pierre, ouvrier dans la maison Bolloré, à Ergué-Gabéric ;
  • Mmes Coathalem Jeanne et Feuntun Aline, ouvrières dans la maison Bolloré, à Ergué-Gabéric ...

Médaillés de 1901 (Union Agricole)

Médailles d'honneur

A l'occasion du 1er janvier, des médailles d'honneur ont été accordées par le ministre du commerce, de l'industrie et des postes et télégraphes, aux ouvriers ou employés dont les noms suivent :

  • M. Auffret Joseph, magasinier dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • M. Coathalem Alain, manœuvre dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • M. Le Mao Jean, manœuvre dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • Mme Le Mao Marie-Perrine, trieuse dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • Mme Le Moal Marie-Anne, trieuse dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • M. Pern Pierre, charretier dans la maison Bolloré à Ergué-Gabéric.
  • Mme veuve Torrec Marie maîtresse de chiffonnerie dans la maison Bolloré ...

Originaux

Annotations

  1. L'Ouest-Éclair est un ancien quotidien régional français, créé par deux Bretons chrétiens d'une sensibilité républicaine et sociale, l'abbé Félix Trochu, prêtre en Ille-et-Vilaine, et Emmanuel Desgrées du Lou, natif de Vannes, commissaire de la Marine, puis avocat. Les ventes décollent après la Première Guerre mondiale et, en 1930, le patron embauche son gendre, Paul Hutin, un Lorrain de 42 ans qui deviendra son gendre. Le journal rayonnait, à ses débuts, sur cinq régions, la Bretagne, la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou, comme Journal républicain du matin. En 1940, Paul Hutin, militant antinazi comme sa femme, souhaite que L'Ouest-Eclair ne paraisse pas sous le joug allemand et s'engage dans la Résistance. L'Ouest-Éclair sera interdit à la Libération pour acte de collaboration. Paul Hutin revient à Rennes, à peine libérée, le 4 août 1944 pour créer le Ouest-France.
  2. L'hebdomadaire « Le Progrès du Finistère », journal catholique de combat, est fondé en 1907 à Quimper par l'abbé François Cornou qui en assurera la direction jusqu'à sa mort en 1930. Ce dernier, qui signe tantôt de son nom F. Cornou, tantôt de son pseudonyme F. Goyen, ardent et habile polémiste, doté d'une vaste culture littéraire et scientifique, se verra aussi confier par l'évêque la « Semaine Religieuse de Quimper ».
  3. La Dépêche de Brest est lancée le 18 novembre 1886 avec des moyens très limités et succède à l’Union Républicaine du Finistère créée 10 ans plus tôt. Quotidien, il sera même biquotidien durant des périodes d’actualité forte, comme lors de la première guerre mondiale, avec une édition du matin et une édition du soir. Installé rue Jean Macé à Brest (à l’époque rue de la rampe), à l’emplacement des locaux actuels du Télégramme, La Dépêche de Brest poursuivit son évolution jusqu’au 17 août 1944. Ce jour là, en application de la nouvelle réglementation de la Libération, les biens de la Dépêche furent mis sous séquestre. L’ensemble du matériel est alors loué au Télégramme, nouveau titre autorisé par le Comité régional de l’information.
  4. L'Union agricole et maritime, qui a d'abord été appelée L'Union agricole du Finistère est un journal local d'informations générales qui a paru à Quimperlé (Finistère) de 1884 à 1942. Il a connu des orientations éditoriales différentes, selon ses propriétaires successifs. La périodicité a aussi été variable : bi-hebdoadaire, tri-hebdomadaire et hebdomadaire. Avec pour sous-titre Organe Républicain Démocratique de la région du Nord-Ouest, le journal paraît le 1er août 1884 à l'initiative du conseiller général de Quimperlé, James Monjaret de Kerjégu, un riche propriétaire terrien et ancien diplomate résidant à Scaër.
  5. Le « Courrier du Finistère » est créé en janvier 1880 à Brest par un imprimeur Brestois, Jean-François Halégouët qui était celui de la Société anonyme de « l'Océan » qui éditait à Brest depuis 1848 le journal du même nom, et par Hippolyte Chavanon, rédacteur en chef commun des deux publications. Le but des deux organes est de concourir au rétablissement de la monarchie. Le Courrier du Finistère est, de 1880 à 1944, un journal hebdomadaire d'informations générales de la droite légitimiste alliée à l'Église catholique romaine jusqu'au ralliement de celle-ci à la République. Il est resté ensuite le principal organe de presse catholique du département, en ayant atteint un tirage remarquable de 30 000 exemplaires en 1926. Rédigé principalement en français, il fait une place remarquable à la langue bretonne, qui est, alors, pour certains ruraux, la seule langue lisible, grâce à l'enseignement du catéchisme. Ayant continué de paraître pendant l'Occupation allemande (1940-1944), Le Courrier du Finistère fait l'objet d'une interdiction de parution. Pour lui faire suite, le diocèse de Quimper a suscité la création d'un hebdomadaire au contenu unique, mais sous deux titres, le Courrier du Léon et le Progrès de Cornouaille.



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Thème de l'article : Document d'archives sur le passé d'Ergué-Gabéric. Création : Novembre023    Màj : 9.11.2023