1681 - Dénombrement du domaine de Keristin par la princesse Anne de Rohan

De GrandTerrier

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La déclaration de terres vassales et de manoirs par Anne de Rohan [1], princesse de Guéméné, dans le cadre de la Réformation du domaine du roi de France.

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Document : inscription au registre papier terrier [2] de 1680-82 de la Chambre des Comptes de Nantes conservé aux Archives Nationales.

Autres lectures : « 1680 - Papier terrier et réformation du domaine royal à la chambre des comptes de Nantes » ¤ « Le village de Keristin » ¤ « 1592 - Terres saisies sur les hérétiques près de Quimper-Chateaulin par la Saincte Union » ¤ « 1758-1791 - Rentier de la Seigneurie de Kerjestin des Rohan-Guéméné » ¤ 

Présentation


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Ce document met en lumière la continuité de la propriété foncière noble du manoir et du domaine de Keristin (orthographié parfois Kerjestin et formé du moulin du Faou et des mouvances des villages voisins) par la famille Rohan-Guéméné.
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Comme on peut le voir ci-contre les ascendants en ligne directe de la princesse Anne de Rohan (1606-1685) forment 5 générations de Rohan-Guéméné, en commençant par son arrière-arrière grand-père Louis III qui, de par son mariage en 1492 avec René du Fou, a hérité du domaine de Keristin en Ergué-Gabéric. La princesse Anne s'est elle-même mariée avec son cousin germain, Rohan-Guéméné également.

On dispose par ailleurs d'un document de saisie de ces terres en 1592 réputées être détenues par des « hérétiques » huguenots, on a cru pendant longtemps que le domaine était passé dans la branche des Rohan-Gié, lesquels étaient effectivement des huguenots, alors que les Rohan-Guéméné sont restés catholiques. Une explication sur la suspicion d'hérésie serait le mariage en 1561 de Louis VI avec une Rohan-Gié. Leur petite fille Anne avait par contre une réputation à la fois d'intrigante délurée et de pénitente janséniste.

Cette saisie a peut-être été une erreur d'appréciation de la part de la Saincte-Union. Elle a vraisemblablement été levée car en 1681 le domaine est toujours déclaré « tenu et possédé prochement, ligement [3] et noblement du Roy nostre sire ». Même si elles sont incluses dans le domaine de la couronne, il s'agit de terres vassales, dont les détenteurs fonciers, en l’occurrence les Rohan, devaient acquitter envers le roi les obligations féodales.

Dans la déclaration de 1681 tous les biens sont décrits, avec pour commencer le manoir de Keristin avec son courtil (potager), son colombier et sa rabine (allée de grands arbres). Le tout, ainsi que les autres tenues à Keranroué, Kermoisan, Kerriou, Crec'hdeniel et Lezouanac'h, est loué par différents fermiers et « tenu à domaine congéable [4] et réparable suivant l'usement du comté de Cornouaille ».

Outre les surfaces de chaque tenue, le document détaille le montant annuel des baux de ferme sous forme de mesures de céréales (froment, seigle et avoine), de quelques sols et de volailles (chapons).

6 générations de Rohan-Guéméné

L'expression « de tailles » [5] pour désigner cette redevance ne désigne l’impôt direct impopulaire, car la Bretagne a toujours été franche et libre de taille. La « taillée » cornouaillaise n'est perçue qu'en cas de fermage.

Le moulin du domaine noble de Keristin est également détaillé : « un moulin à eau apartenant à madicte Dame nommé le Moulin du faou de Keristin a présant chomant faute de réparations ». Outre qu'il soit en arrêt (« chomant ») et qu'il rappelle le nom des nobles qui ont précédé les Rohan, il est néanmoins rappelé que les occupants du domaine de Keristin « tenus d'y faire moudre leurs grains ».

À la fin du XVIIe siècle, jusqu'à la Révolution, un rentier est tenu scrupuleusement pour la « Seigneurie de Kerjestin » afin de collationner les sommes versées annuellement par les fermiers. Par la suite, l'ensemble des terres et dépendances de Kerjestin sera intégré dans le domaine de la Légion d'honneur, avant d'être éclaté et cédé en 1807 aux convenanciers de chaque tenue.

Transcriptions

folio255

Déclaration et dénombrement de la Maison, terres et Seigneurie de Keristin scituée en la paroisse d'Ergué Guaberic par haulte et puissante princesse Madame Anne de Rohan, princesse de Guéméné, comtesse de Rochefort, marquise de Marigny, dame de Corlay, de Montauban, du ... dit Keristin, veufve de hault et puissant prince Monseigneur de Rohan, prince de Guéméné, duc de Montbazon, pair et grand veneur de France, chancellier des ordres du Roy, tenu et possédé prochement, ligement [3] et noblement du Roy nostre sire et souverain, et seigneur soubz son domaine et sénéchaussée [6] du siège présidial de Quimper Corentin, aux debvoirs de foy, hommage [7], droit de chambellinage [8], lotz et ventes [9], rachapt [10], et à tout autres debvoirs seigneuriaux et féodaux selon la nature du fief, laquelle déclaration noble homme Guillaume ... fondé en procure de la dicte fin luy consentant par Madicte dame princesse par devant ... de deux conseillers du Roy nottaires au


chas... le douze avril présant mois et an soumise la présante douaire Messire François Montoisan seigneur du P... conseiller du Roy, maistre ordinaire en sa chambre des comptes de Bretagne commissaire ... du Conseil du troisiesme d'aouest mil six cnts quatre vingt pour la réformation du domaine de l'Evesché de Cornouaille à Escuier Charles Doudal seigneur du Parc et aussy conseiller du Roy, sénéchal et premier magistrat de Cornouaille pour satisfaire aux ordonnances de mesdicts ... commissaires publics aux ... du ressort de la dicte juridiction et sénéchaussée [6] ..., laquelle hors consiste.

Sçavoir

Dans le lieu et manoir et maison noble dudict Keristin avec tout à chacunes leurs terres tant chaudes [11] que froides [12], parcs [13], ..., frostages [14], bois de haulte fustaye, taillis, jardins, ...,

folio256

courtils [15], coulombiers ..., rabines [16], le tout à présant tenu à domaine congéable [4] et réparable suivant l'usement du comté de Cornouaille par Guillaume Le Bautz et Pierre Leguiban consorts pour en payer de tailles [5] à madicte Dame Princesse ... à chaque jour ... de Sainct Michel en septembre le nombre de sept combles [17] froment, treize combles [17] seigle, dix combles [17] avoine, cinquante sols tournois ... deux chapons [18] Et pour cy ...

7 combles froment
12 combles seigle
10 combles avoine
51 sols
2 chapons

Et contiennent en fond selon le mesurage en ... faict par lesdicts tenanciers et raporté par leur déclaration receue le vingtiesme dict mois qui sera induit à la cotte O de son induction, les terres chaudes [11] dix huit ares soixante cordes [19], des terres froides [12] onze ares vingt et


cinq cordes [19], ... terre fauchable ... trois ares quarante deux cordes [19], et les frostages [14] deux mill vint quatre cordes [19].

Dans le village de Kerenroué composé de trois tenues ... cy

5 combles froment
8 combles seigle
9 combles avoine
30 sols
2 chapons

Et contient les terres en fond, sçavoir la terre froide [12]

folio257

...

La seconde tenue possédée par Jean Berrou et Françoise Caradec ...

Et la dernière par Allain Riou pour en payer ...


...

Dans le village de Kerriou profité par Allain Dolliou pour en payer de tailles [5] ... cy

4 combles froment
10 combles seigle
4 combles avoine
12 sols
3 chapons

folio258

...

Dans le village de Kermoisan aussy profité en ce qui en a portion en fond madicte Dame Princesse audict tiltre par François Lebalch, lequel a aussy une portion du village de Crechdeniel ... cy

6 combles froment
15 combles seigle
9 combles avoine
3 livres 12 sols
3 chapons


...

Dans le parc dudict village de Crechdeniel profité par Louis Le Calvez ...

Dans deux prés fauchables nommés fornigou aussy profittées par Glizran Daoudal

folio259

et Guillaume Lebautz du village de Lessoünach pour en payer de tailles deux razes [20] de seigle, et deux combles avoine, et un chapon cy

2 razes [20] seigle
2 combles avoine
1 chapon

Et contiennent en fond

Déclare

Aux apartenances des terres desquels manoirs et villages est basty un moulin à eau apartenant à madicte Dame nommé le Moulin du faou de Keristin a présant chomant faute de réparations. Ayant ses jardin, courtil [15], issues [21], ...apartenances, contenant en fond deux ares sept cordes [19] de terres, auquel moulin sous les ... auxdicts


manoir et villages ... dépendantes de la dite terre, ... et tenus d'y faire moudre leurs grains comme suite ... de réparations, ainsy qu'ils s'y sont obligez par les déclarations qui seront induites.

folio260

...

De plus apartient à madicte dame Princesse à cause de sadicte terre de Keristin une montagne et estandue de terre froide [12] et frost [14]


folio261

Kerelou, le dict ruisseau du Stang bihan en partie ..., et du midy le long de la dicte rivière de Jet à prendre du lieu où ledict ruisseau de Stang bihan se ... en icelle ... faisant partie dudict village de Loqueltas qui n'apartiennent à madict dame, ny compris dans la déclaration de son domanier.

Comme aussy apartient pour la plus grande partie à madicte Dame Princesse à cause de sa dicte terre de Keristin, autre Montagne et estandue de terres ... nommée Menez hoaviou contenant en fond deux milles sept cens vingt cordes [19], laquelle donne à l'oriant, à midy sur partie des terres cy-devant nommées et ... du couchant et nord sur terres du village de Kerelou, Lesoüanach autour de la


montagne dicte Menez bihan et du castel, laquelle est profité en commun par les ... dudict manoir de Keristin village de Crechdeniel, et ... domanier suivant les concessions qui ... seigneurie de la dicte terre.

Et est tout le domaine que madicte Dame Princesse a connaissance à cause de sa dicte terre et seigneurie de Keristin, ce village prochement et ligement du Roy à cause de sondict domaine de Quimper, le surplus ... du domaine de Conq Fouesnant et Rosporden, ... déclaration particullière soubz ledict domaine.

Remonstre madicte Dame Princesse à mesdicts ... commissaires que ... précédant seigneur de ladicte terre de Keristin, ont prétendu comme est justiffiée par plsieurs des pièces qu'elle induira

folio262

en son induction à la cotte B d'icelle qu'ils ... juridiction en icelle terre et debvoirs droicts féodaux qui sont portés par les adveux [22] qu'ils ont fournis en la vhambre des comptes, desquels présantement elle n'est saisye, ny ne ... avant la conclusion de sa déclaration, ny non plus des adveux [22] ... de ses vassaux qui se trouvent dispercés ou ... par les héritiers de ceux auxquels ils ... ledict fief et ... de quoy elle reconnoist à son ... que sa ..., tellement qu'elle ... vouloir rien autre prendre contre les droicts de sa Maison qu'elle ... tous ceux qui luy ... à cause de sa dicte terre quoy que non exprimés en la présante, ... qu'elle en poura justiffier par ... d'inféodation et de ... qu'elle ce


poura faire rendre à loisir,et qu'elle poura reconnois.

Laquelle déclaration ledict Paludes en ladicte qualité, demeurant au manoir de Mesmeur en la paroisse de Locamand [23] presant en personne devant nous nottaires royaux de la cour et sénéchaussée [6] de Quimper soubz signes, il affirme véritable en tous ses points, et s'oblige au payement et continuation des dicts debvoirs en cas d'eschoits, et ... hypothèque les héritages en dessus, ... d'iceux,pour sur le tout ester procédé suivant les ordonnances royaux et coustumes dict pays, et pour la validité des présantes il a eslu son domicile en cette ville de Quimper maison et personne de Maistre Tanguy Huiban son procureur auquel il donne pouvoir de présanter la dicte déclaration à mesdicts sieurs D'arc commissaires, en ... pour icelle ... dans le

folio263

papier terrier, rentier et réformation du domaine dudict Quimper, ... toutes significations et aultres procédures, et sommés de responses et générallement de faire et agir de la même manière qui luy a esté donné pouvoir par sadicte procure, ce qu'il a ainsy voulu et consanty faire agré audict Quimper soubz son seing ce vingt et sixiesme jour d'avril mil six cent quatre vingt un environ midy. Ainsy signé Guillaume Paluibe ... Philippe nottaire royal et Yves Glozran aussy nottaire royal.

notes :

Collationné ...

Par sentence rendue par ... le 26e juillet 1691. Inséré au 9e regystre de pappié terrier folio 233 la présante déclaration ...

Documents originaux

Lieu de conservation :

  • Archives Nationales, site de Paris.
  • Cote P//1689.

Usage, droit d'image :

  • Licence ouverte de réutilisation des données publiques.
  • Décret n° 2017-638 du 27 avril 2017.


Annotations

  1. Anne de Rohan-Guéméné est l'arrière-arrière petite fille de Louis III de Rohan qui épousa Renée du Fou en 1482.
  2. Terrier, adj. : livre terrier, registre contenant la description des terres et censives dépendant d'un seigneur, qui devait en principe être renouvelé tous les vingt ou trente ans et dont l'existence fut supprimée par une loi de mars 1790 (TLFi). Ces papiers fixaient les limites des fiefs et des censives, les redevances dues, les services à rendre et les usages locaux. En 1678, un règlement de Colbert décida la constitution d'un papier terrier par les chambres de comptes régionales, dans le cadre d'une Réformation du domaine du roi. [Terme] [Lexique]
  3. 3,0 et 3,1 Lige, s.m : redevance due pour une terre possédée sous la charge de l'hommage lige (hommage précisant les obligations du vassal); et aussi ce qui appartenait sans réserve en toute propriété. Source : Trésors Langue française. [Terme] [Lexique]
  4. 4,0 et 4,1 Domaine congéable, s.m. : mode de tenue le plus fréquent en Cornouaille et en Trégor au Moyen-Age pour la concession des terres. Ces dernières constituent le fonds et restent la propriété des seigneurs. Par contre les édifices sont concédés en propriété aux domaniers par le propriétaire foncier (généralement noble) qui peut, en fin de bail, congéer ou congédier les domaniers, en leur remboursant la valeur différentielle des édifices nouveaux ou améliorés. Cela comprend tout ce qui se trouve au dessus du roc nu, notamment les bâtiments, les arbres fruitiers, les fossés et talus, les moissons, les engrais. Ce régime qui ne sera pas supprimé à la Révolution malgré les doléances de certaines communes bretonnes, sera maintenu par l'assemblée constituante en 1791, supprimé en août 1792 et re-confirmé en 1797. [Terme] [Lexique]
  5. 5,0 5,1 et 5,2 Taille, s.f. : taxe personnelle (pesant sur les personnes) ou réelle (établie sur les biens), l'un des principaux impôts directs levé en France. Elle n'existe pas en Bretagne mais les fouages y constituent une sorte de taille réelle. Source : « glossaire des cahiers de doléances », AD29. Outre les fouages au roi, on trouve également au 17e siècle des tailles collectives à l'évêque pour les habitants de certaines villes bretonnes (Quimper notamment). Et par ailleurs, de façon indirecte, les roturiers étaient largement imposés au titre du domaine congéable dont la rente annuelle est quelquefois qualifiée de « taillée ». [Terme] [Lexique]
  6. 6,0 6,1 et 6,2 Sénéchaussée, s.f. : juridiction d'un sénéchal ; étendue de sa juridiction. Sénéchal, s.m. : officier royal qui, dans certaines provinces, exerce des fonctions analogues à celles d'un bailli pour la justice, les finances, etc. Source : Dict. DMF. [Terme] [Lexique]
  7. Foi et hommage, s.f. et s.m. : le vassal devait la foi et l'hommage, lorsqu'il entrait en possession de la terre, et lorsque le seigneur le demandait. La foi traduisait un lien personnel ; l'hommage, une reconnaissance du fief (Dict. de l'Ancien Régime). [Terme] [Lexique]
  8. Chambelenage, chambellage, s.m. : vient de ce qu'autrefois le chambellan, dont l'office est de veiller sur ce qui se passe dans la chambre du roi, assistait à la cérémonie de la foi et hommage des vassaux du roi, et recevait d'eux à cette occasion quelque libéralité. Les seigneurs particuliers avoient aussi autrefois la plûpart leurs chambellans, lesquels exigeaient un droit des vassaux du seigneur, pour les introduire dans sa chambre lorsqu'ils venaient faire la foi et hommage ; droit que les seigneurs ont appliqué à leur profit, depuis qu'ils ont cessé d'avoir des chambellans en titre. Le droit de chambellage est réglé différemment par les coutumes, tant pour la quotité du droit, que pour la qualité de ceux qui le doivent, et les cas où il est dû. Les coutumes de Hainaut et de Cambrai appellent ce droit chambrelage; et celle de Bretagne, chambellenage.Source : Dict. raisonné des sciences, des arts et des métiers. [Terme] [Lexique]
  9. Lods et ventes, s.m.pl, s.f.pl : redevances dues au seigneur en cas de vente d'une censive relevant de son domaine et payées par l'acheteur (lods) et le vendeur (ventes). Source : trésors Langue Française [Terme] [Lexique]
  10. Rachapt, rachètement, s.m. : en terme de coutume droit du au seigneur à chaque mutation du fief (dictionnaire Godefroy 1880). Droit du au seigneur par un nouveau tenancier après une succession qui est appelé également relief ou rachat des rentes (Dict. de l'Académie). [Terme] [Lexique]
  11. 11,0 et 11,1 Terres chaudes, s.f.pl. : terres cultivables, par opposition aux terres froides ; exploitées en rotation triennale, soit blé noir, seigle, avoine (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique]
  12. 12,0 12,1 12,2 et 12,3 Terres froides, s.f.pl. : terres pauvres mises en culture de loin en loin parfois après un brulis, par opposition aux terres chaudes; les terres froides prennent le reste du temps la forme de landes qui servent de pâturage d'appoint, et fournissent divers végétaux utiles : bruyères et fougères pour la litière, ajoncs pour la nourriture des chevaux, genets pour la couverture de la toiture (Jean Le Tallec 1994). [Terme] [Lexique]
  13. Parc, park, s.m. : champ clos, procédant d'un emprunt du moyen breton parc au vieux français parc "lieu clos" en général. Le gallois parc et le cornique park sont issus de l'anglais park, également emprunté au vieux français (Albert Deshaye, dictionnaire des noms de lieux bretons). [Terme] [Lexique]
  14. 14,0 14,1 et 14,2 Frostages, s.f.pl. : terres incultes, friches, terres vaines et vagues ou terres froides. En breton le terme existe : Fraost , ad. g. -où (en) friche, parfois clair, desserré, & brut, grossier (dictionnaire Favereau). [Terme] [Lexique]
  15. 15,0 et 15,1 Courtil, curtil, s.m. : jardin potager. Du bas latin cohortile, dérivé de cohors (voir Cour). Jardin, cour, enclos (Dictionnaire de l'Académie). [Terme] [Lexique]
  16. Rabine, s.f. : allée de grands arbres plantés sur l'avenue d'une maison de noblesse et de quelque monastère ; source : Dom Pelletier. Ce mot existe en breton avec la même prononciation ; source : dictionnaire gallo de cc-duguesclin. [Terme] [Lexique]
  17. 17,0 17,1 et 17,2 Comble, s.f. et adj. : mesure de capacité pour les grains, probablement la mine comble, c'est-à-dire 6 boisseaux ; source : Dictionnaire Godefroy 1880. En région quimpéroise le terme comble est plutôt donné comme équivalent d'un grand boisseau comble, par opposition à un simple boisseau ras. Soit précisément 67 litres pour le froment, 82 pour le seigle, et 80 pour l'avoine [¤source : Document GT de 1807]. La comble se distincte de la raze ; le terme est utilisé aussi comme adjectif pour préciser que la hauteur en son milieu dépasse le bord de récipient de mesure, par opposition à l'adjectif "rase". [Terme] [Lexique]
  18. Chapon, s.m. : jeune coq chatré. Source : Dictionnaire du Moyen Français. Utilisé comme moyen de paiement de rentes ou redevances. [Terme] [Lexique]
  19. 19,0 19,1 19,2 19,3 19,4 et 19,5 Corde, cordée, s.f. : unité de mesure de superficie. Subdivision du journal. Le journal et la corde sont les principales unités de mesure utilisées pour calculer les surfaces dans les inventaires. Dans la région quimpéroise une corde vaut 0,6078 ares à 16 toises carrées. Il faut 80 cordes pour faire un journal. [Terme] [Lexique]
  20. 20,0 et 20,1 Raze, s.f. et adj., variantes ras, raz, res, rez, rais, reis, reix, rays, rei, rey : mesure rase pour les choses sèches, remplie de façon que le contenu ne dépasse pas les bords et dont la capacité variait suivant les pays (Dictionnaire Godefroy). En Bretagne représente la 30e partie du tonneau de grain, à Concarneau contenait environ 47 litres, à Pont-L'Abbé et Quimper 50 litres (Dict. des poids et mesures de Doursther). Le terme est utilisé aussi comme adjectif pour préciser que la hauteur est en dessus du bord de récipient de mesure, par opposition à l'adjectif "comble". [Terme] [Lexique]
  21. Issues, issue, s.f. : terre non cultivée d'un village servant à la circulation entre les habitations, les chemins et les champs ; les issues communes de villages pouvaient être utilisées par les plus pauvres pour faire "vaguer" leurs bestiaux ou ramasser du bois pour se chauffer. Lorsqu'un village est tenu en domaine congéable, les "issues et franchises" peuvent être incluses dans les aveux de déclaration des droits et rentes. Les inventaires et dénombrements contiennent également l'expression "aux issues" qui désigne l'éloignement par rapport au centre du village. Dans les descriptifs d'habitations, le terme "issues" désigne les portes et accès. [Terme] [Lexique]
  22. 22,0 et 22,1 Aveu, s.m. : déclaration écrite fournie par le vassal à son suzerain lorsqu’il entre en possession d’un fief, à l'occasion d'un achat, d'une succession ou rachat. L’aveu est accompagné d’un dénombrement ou minu décrivant en détail les biens composant le fief. La description fourni dans l'aveu indique le détail des terres ou tenues possédées par le vassal : le village dans lequel se situe la tenue, le nom du fermier exploitant le domaine congéable, le montant de la rente annuelle (cens, chefrente, francfief) due par le fermier composée généralement de mesures de grains, d'un certain nombre de bêtes (chapons, moutons) et d'une somme d'argent, les autres devoirs attachées à la tenue : corvées, obligation de cuire au four seigneurial et de moudre son grain au moulin seigneurial, la superficie des terres froides et chaudes de la tenue. Source : histoiresdeserieb.free.fr. [Terme] [Lexique]
  23. Locamand : paroisse supprimée en 1792-1793, aujourd'hui en La Forêt-Fouesnant.



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Thème de l'article : Etude et transcriptions d'actes anciens Création : novembre 2023    Màj : 25.11.2023