Le quadriskell ou hevoud de la chapelle de St-André

De GrandTerrier

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La chapelle de Saint-André possède une particularité remarquable, un œil de bœuf ornementé d'un quadriskell ou hevoud [1] de pierres et de vitrail, que Louis Le Guennec décrivait ainsi en 1924-27 : "Le mur nord est ajouré d'une élégante rosace" ».

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En 2009-2010, les pierres ouvragées et le vitrail sont tombés, laissant une fenêtre béante. En 2013 le quadriskell est restaurée sur une initiative de la municipalité [2].

La figuration celtique du quatriskell présent sur les chapelles de Kerdévot et de St-André, et de nombreuses chapelles ou églises bretonnes, est bien plus ancien que son émergence en tant qu'hévoud par les mouvements bretonnants du XXe siècle. Explications dans l'article « Origine et contexte des quadriskells de deux chapelles gabéricoises » ¤ 

Autres lectures : « La chapelle de Saint-André et la fontaine Saint-Jacques » ¤ « Le quadriskell du chevet de la chapelle de Kerdévot » ¤ « Origine et contexte des quadriskells de deux chapelles gabéricoises » ¤ 

Présentation

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En plein milieu du mur nord de la chapelle, d'un diamètre d'environ 80 centimètres, l’œil de bœuf de St-André est formé d'un motif représentant deux spirales entrecroisées [3] et en mouvement dextrogyre [4] (la figure tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, en tout cas dans sa face visible à l'extérieur).

Les éléments à l'intérieur de la fenêtre circulaire comprennent une dizaine de pierres d'environ sept cm de large et quarante cm de longueur, les courbes et les rebords étant très nettement taillés. Dans chacune des quatre lobes et au centre sont inscrits des fragments de vitraux, avec en leur milieu un losange de couleur plus foncé.

A l'instar du triskell, la forme géométrique à quatre branches, baptisée quadriskell ou hevoud en breton [1], est présente sur de nombreuses croix celtiques irlandaises [5] et dans quelques chapelles et églises de Bretagne, que ce soit dans les grandes rosaces, les ornements de chapiteaux ou comme à St-André les petites fenêtres circulaires [6].

Il est étonnant que les monographies du début du 20e siècle aient fait l'impasse sur l'oculus de St-André. Ni Jean-Marie Abgrall, ni Paul Peyron, ni René Couffon, ni Alfred Le Gars n'en font mention. Seul Louis Le Guennec dans son « Histoire de Quimper Corentin et son canton parle d'une « élégante rosace », en faisant une approximation sur le symbole représenté.

Dans les décorations celtiques, le quadriskell est un symbole solaire et cosmique, et une image représentant la vie tournant autour d'un centre immuable, comme la voûte céleste autour de l'étoile polaire. Et son nom breton hevoud [1] en fait un véritable porte-bonheur, bien plus intéressant qu'un trèfle à quatre feuilles !

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En 2013 la municipalité d'Ergué-Gabéric a fait remonter et restaurer le quadriskell de pierre et ses vitraux incrustés. Un grillage est tendu à l'extérieur pour empêcher les détériorations par les oiseaux ou les chauve-souris.

Photorama

Reproduction du motif celtique

Il existe des méthodes de constructions de triskells, d'entrelacs ou autres motifs celtiques. Cette technique a servi en particulier à comprendre et reproduire les enluminures de manuscrits chrétiens, comme celles du célèbre Livre de Kells.

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Dans le même esprit, voici une décomposition en quatre étapes pour la construction du quadriskell de la chapelle de St-André :

Annotations

  1. 1,0 1,1 et 1,2 Hevoud, ou quadriskell, s.m. : figure géométrique formée de quatre branches et deux spirales entrecroisées. Symbole traditionnel celtique et breton au même titre que le triskell, présent sur des décorations pré-celtiques et en architecture religieuse (œil-de-bœuf, baptistère). Terme en breton signifiant « bien-être » ; l'adjectif hevoudek signifie « qui cause du bien-être, qui porte bonheur ». Dans les années 1920 et 1930, logo du Parti national breton (P.N.B.), et ensuite dès 1933 celui du mouvement Ar Falz pour l'enseignement la langue bretonne. [Terme] [Lexique]
  2. Autant la restauration du quadiskell en 2013 nous semble une réussite, autant la réfection de la toiture en zinc par la municipalité cette même année nous semble plus critiquable. Notamment parce que son avancée orientale ne respecte pas les trois pans du chevet, et est carrément disgracieuse !
  3. La figure des deux spirales, la définition de l'hevoud et son histoire sont développées dans le livre de Divi Kervella, « Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes », Coop breizh, pages 117-119.
  4. Dextrogyre, adj. : sens déterminé par les courbures des branches supérieures d'une figure géométrique, inclinées vers la droite et faisant tourner l'ensemble dans le sens des aiguilles d'une montre. [Terme] [Lexique]
  5. Les représentations des motifs circulaires celtiques à quatre branches les plus connues en Irlande sont : la croix de Cill Chuilinn (Old Killkullen), ...
  6. Existences signalées de quadriskells en Bretagne : l'œil-de-bœuf de la chapelle des Deux Fontaines en Kerascouet, le baptistère de la chapelle de Kernescaden ...



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Thème de l'article : Descriptiif et origine d'éléments de patrimoine Création : novembre 2010    Màj : 28.08.2026