Billet du 14.03.2026

De GrandTerrier

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Un manoir et deux moulins sous les Régaires en 1562 et 1566


Cette semaine on se replonge dans les écritures gothiques tardives, dite "bâtardes", du XVIe siècle avec abréviations et ligatures complexes, ceci pour essayer de comprendre la création du domaine des Rubiern autour de leur manoir du Cleuziou/Cleuyou.

Il s'agit de deux aveux, à savoir les déclarations fournies par les vassaux d’un fief à leur suzerain :

AffCleuyou156x.jpg
  • les vassaux sont « Loys Rubiern s[ieu]r du Cleuziou » (en 1562) et « noble Maistre Guillaume Runbiern sieur du Cleuziou » (en 1566)
  • le suzerain est « révérand père en Dieu Missire Estienne », c'est le champenois Etienne Boucher (?-1571), représenté par sa « court des Regaires de Cornouaille » qui est l'administration de son domaine temporel. À cette époque, entre 1546 et 1571, il n'y aura pas d'évêque présents à Quimper : les titres épiscopaux sont donnés à des personnalités extérieures, a l'instar de ce secrétaire de Catherine de Médicis et ambassadeur à Rome.

Les deux documents tiennent sur des rectos simples, de longueur d'environ 60 cm, avec une belle signature Rubiern/Runbiern imposante et élégante. L'aveu de 1562 est en double exemplaire, et celui de 1566 plus fragile a été numérisé par les Archives départementales pour en préserver sa conservation.

L'aveu de 1562 de Louis Rubiern couvre la partie ouest du domaine de Cleuziou est complémentaire de celui de 1566 dans lequel Guillaume déclare la partie orientale du domaine. Le support papier est rigide, en recto simple, de longueur d'environ 60 cm, et avec une signature Rubiern imposante et élégante. Des notes d'archivistes du XIXe siècle sont ajoutées au verso, et donne un résumé plus lisible que l'écriture gothique tardive, dite "bâtarde", du document d'origine avec ses abréviations et ligatures complexes.

Hormis le manoir du Cleuziou qui est déclaré dans les deux aveux, les autres biens fonciers sont complémentaires (dans les déclarations du XVIe siècle les deux parties foncières seront réunies) :

  • En 1562 : courtils, four, « boys de de haulte fustaye et rabines et aussi boys taillix », moulin du chartier.
  • En 1566 : moulin noble, dépendances du Cleuziou, la métairie de Keranpensal et le manoir de la Salle Verte, et le « moulin noble, o son destroit [1], byé [2], chaussé [3] ».

Il y a donc deux moulins, l'un noble à proximité du manoir, et l'autre dit du Chartier ou charretier, situé sur l'Odet et qu'on appellera plus tard moulin de Coutily. À noter aussi la « rabine » sur l'allée ouest du manoir, plantées de grands arbres marquant l'abord d'une belle propriété. Les chefrentes dues à l'évêque sont respectivement de 12 carnées de froment pour le moulin du chartier d'une part et pour le manoir et moulin noble d'autre part, et de 3 livres pour la métairie noble de Kerampensal.

Il est à supposer que les deux membres de la famille Rubiern, sans doute frères ou cousins, se partagent les lieux, car la succession de Louis/Loys n'est pas précisée par Guillaume. Leur généalogie descendante supposée est la suivante :

 - Louis Rubiern, sieur de Cleuziou (1562)
 - Guillaume Rubiern, sieur de Cleuziou (1566, 1572)
   x Françoise de Dremiec
   ├
   ├> Guillaume Rubiern, sieur de Cleuziou (1572, 1618)
   ├   ├
   ├   └> Guillaume Rubiern, sieur de Kermorvan (1620)
   ├   
   └> Anne Rubiern, héritière du Cleuziou (1620)
        x Pierre de Kermorial

link=[1562-1566 - Aveux de Louis et Guillaume Rubiern pour Le Cleuziou sous les Régaires
L'histoire locale des Rubiern est un peu énigmatique, ils ont laissé très peu d'écrits. En même temps que le domaine du Cleuziou ils détiennent le manoir de Kermorvan en Cuzon-Kerfeunteun. Et l'ensemble de leurs propriétés sera transmis à la famille de Kermorial via le mariage de la fille de Guillaume Rubiern père.

Leurs armoiries des Rubiern, ou équivalents Runbiern ou Rumbiern, ne sont pas connues. Peut-on imaginer qu'elles étaient composées des deux motifs gravés sur le calvaire de Kerempensal qui dépendait du Cleuziou, à savoir un « chevron accompagné de merlettes » ? Ce calvaire a été érigé peu de temps avant les aveux de Louis et Guillaume Rubiern : « 1553 FUT FET CE CROSE ».

En 1572 Guillaume Rubiern père et fils comparaissent à la Revue qui se fit à Quimper pour le Ban et arrière ban en qualité d'arquebusiers à pied. En 1618, Guillaume Rubiern, sieur du Cleuziou et de Kermorvan, est donateur de la chapelle St-Yves de la cathédrale de Quimper (Source : R.F. Le Men).


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En savoir plus : « 1562-1566 - Aveux de Louis et Guillaume Rubiern pour Le Cleuziou sous les Régaires », espace Archives.




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  1. Destroit, s.m. : territoire situé autour du moulin où les meuniers logeaient et travaillaient, synonyme de « moutaux » ce terme désignant les usagers d’un moulin. Source : Jean GALLET dans "La seigneurie bretonne (1450-1680)". [Terme] [Lexique]
  2. Bief, byé, bué, s.m. : Canal qui conduit l'eau d'une rivière ou d'un ruisseau sur une roue hydraulique pour la faire tourner. Source : Chabat, 1881. [Terme] [Lexique]
  3. Chaussée, s.f. : barrage, ouvrage maçonné submersible en travers d'un cours d’eau naturel, avec une partie supérieure appelée déversoir, permettant l’amenée de l’eau de la rivière vers le moulin. Source : riverainsdefrance.org[Terme] [Lexique]