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{{ContentGrid|content={{Box|{{Blue|Cette semaine un très beau document inédit de la moitié du XVIe siècle pour un essai d'analyse et de déchiffrement d'écriture gothique.}}  
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[[Image:ADRond.png|100px|left|link=1557 - Aveu pour le village de Quillihouarn au seigneur évèque de chefrente]]Ce document de 1557 étant en très bon état et numérisé en haute définition par les Archives départementales du Finistère, on ne s'est pas privé de le soumettre à plusieurs agents conversationnels d'intelligence artificielle, {{Blue|comme nous l'avions déjà fait il y a quelques mois pour un autre document plus récent}}.  
[[Image:ADRond.png|100px|left|link=1557 - Aveu pour le village de Quillihouarn au seigneur évèque de chefrente]]Ce document de 1557 étant en très bon état et numérisé en haute définition par les Archives départementales du Finistère, on ne s'est pas privé de le soumettre à plusieurs agents conversationnels d'intelligence artificielle, {{Blue|comme nous l'avions déjà fait courant 2025 pour un autre document plus récent}}.  


Tous, ou presque, ont répondu par ce constat : « <i>La transcription intégrale d'un acte notarié aussi ancien est un travail d'expertise qui demande du temps, car l'écriture (une cursive gothique tardive, dite "bâtarde") comporte de nombreuses abréviations et ligatures complexes.</i> »  
Tous, ou presque, ont répondu par ce constat : « <i>La transcription intégrale d'un acte notarié aussi ancien est un travail d'expertise qui demande du temps, car l'écriture (une cursive gothique tardive, dite "bâtarde") comporte de nombreuses abréviations et ligatures complexes.</i> »  
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* Les rentes payées annuellement au seigneur, dites chefrentes, sont notées individuellement et détaillés en argent (35 sols au total) et en nature, c'est-à-dire en poules ou « <i>gélines</i> » (2 au total) et en céréales : 12 « <i>quartes</i> » de froment et 2 « <i>renées</i> » d'avoine, la quarte valant 2 litres et la renée environ 9 litres.
* Les rentes payées annuellement au seigneur, dites chefrentes, sont notées individuellement et détaillés en argent (35 sols au total) et en nature, c'est-à-dire en poules ou « <i>gélines</i> » (2 au total) et en céréales : 12 « <i>quartes</i> » de froment et 2 « <i>renées</i> » d'avoine, la quarte valant 2 litres et la renée environ 9 litres.


* Une dîme épiscopale est également notée dans les notes de l'archiviste ({{Blue|nous n'avons pas réussi à repérer ce passage dans le documents d'origine}}) : elle est en « <i>bleds</i> » et à « <i>la 15e gerbe</i> ».
* Une dîme épiscopale est également notée dans les notes de l'archiviste ({{Blue|nous n'avons pas réussi à repérer ce passage dans le documents d'origine}}) : elle est due en « <i>bleds</i> » (blé) et à « <i>la 15e gerbe</i> ».


* Le nom de l'évêque administrateur n'est pas cité par l'archiviste, mais dans le document originale il est nommé expressément « <i>cardinal de Sermonette</i> ». En effet à cette époque, entre 1546 et 1561 il n'y aura pas d'évêque présents à Quimper : les pouvoirs administratifs de l’évêché sont donnés à des cardinaux exerçant à Rome, lesquels se bornent à percevoir les revenus ; en 1557 l'évèque-administrateur de Cornouaille est le cardinal est Nicolas Cajetan de Sermonette (1526-1585).
* Le nom de l'évêque administrateur n'est pas cité par l'archiviste, mais dans le document originale il est nommé expressément « <i>cardinal de Sermonette</i> ». En effet à cette époque, entre 1546 et 1561 il n'y aura pas d'évêque présents à Quimper : les pouvoirs administratifs de l’évêché sont donnés à des cardinaux exerçant à Rome, lesquels se bornent à percevoir les revenus ; en 1557 l'évèque-administrateur de Cornouaille est le cardinal est Nicolas Cajetan de Sermonette (1526-1585).

Version actuelle datée du 31 janvier 2026 à 11:28

Chefrente de Quillihouarn pour un cardinal-évêque


Cette semaine un très beau document inédit de la moitié du XVIe siècle pour un essai d'analyse et de déchiffrement d'écriture gothique.

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Ce document de 1557 étant en très bon état et numérisé en haute définition par les Archives départementales du Finistère, on ne s'est pas privé de le soumettre à plusieurs agents conversationnels d'intelligence artificielle, comme nous l'avions déjà fait courant 2025 pour un autre document plus récent.

Tous, ou presque, ont répondu par ce constat : « La transcription intégrale d'un acte notarié aussi ancien est un travail d'expertise qui demande du temps, car l'écriture (une cursive gothique tardive, dite "bâtarde") comporte de nombreuses abréviations et ligatures complexes. »

Par contre les notes au recto de l'acte n'ont pas posé de problèmes, car rédigées vraisemblablement au XIXe siècle par un archiviste formé aux difficultés de la paléographie et qui résume les points essentiels de l'aveu en question.

Aussi armé de cette première lecture, on a numéroté les 67 lignes de l'aveu et transcrit les passages lisibles, afin de dégager des infos complémentaires sur les protagonistes et sur les incidences en terme de droit local féodal :

  • Les familles roturières Le Berre et consorts qui exploitent les différentes fermes du village « entier » de Quillihouarn (orthographié Kerlihouarn) déclarent aux deux notaires Le Page et Daniel leurs exploitations agricoles et les rentes féodales dues au seigneur propriétaire foncier : Alain, Hervé, Guyon, Adelice Le Berre et Catherine Quéré.
  • Les rentes payées annuellement au seigneur, dites chefrentes, sont notées individuellement et détaillés en argent (35 sols au total) et en nature, c'est-à-dire en poules ou « gélines » (2 au total) et en céréales : 12 « quartes » de froment et 2 « renées » d'avoine, la quarte valant 2 litres et la renée environ 9 litres.
  • Une dîme épiscopale est également notée dans les notes de l'archiviste (nous n'avons pas réussi à repérer ce passage dans le documents d'origine) : elle est due en « bleds » (blé) et à « la 15e gerbe ».
  • Le nom de l'évêque administrateur n'est pas cité par l'archiviste, mais dans le document originale il est nommé expressément « cardinal de Sermonette ». En effet à cette époque, entre 1546 et 1561 il n'y aura pas d'évêque présents à Quimper : les pouvoirs administratifs de l’évêché sont donnés à des cardinaux exerçant à Rome, lesquels se bornent à percevoir les revenus ; en 1557 l'évèque-administrateur de Cornouaille est le cardinal est Nicolas Cajetan de Sermonette (1526-1585).
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  • Dans l'aveu toutes les dépendances du villages du Quillihouarn sont listées, notamment les « parcs » (champ en breton), c'est-à-dire des parcelles avec la mention de leurs noms en breton, leurs surfaces en « journaux » et de leur nature de terres « chaudes » (cultivées) ou « froides » (pauvres, en friche).
  • Depuis les aveux du XVe siècle, le village de Quillihouarn, ainsi que de nombreux lieux-dits de la paroisse d'Ergué-Gabéric, restera pendant longtemps sous la coupe du seigneur-évèque de Cornouaille. En 1682 la liste des dépendances constituant le domaine épiscopal est inchangée : Cleuziou, Kerelan, Salle-verte, Kermorvan, Keronguéau, Crech-Ergué, St-André (Cutullic), Coat Piriou et Quillihouarn.

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En savoir plus : « 1557 - Aveu pour le village de Quillihouarn au seigneur évèque de chefrente », espace Archives.




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