Billet du 28.02.2026

De GrandTerrier

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Une autorisation épiscopale pour un moulin à Kerelan en 1489


Un document très ancien, daté du 24 juillet 1489, utilisant une calligraphie gothique cursive, dite « bâtarde », difficile à lire, mais assez soignée pour un acte de ce type, avec de nombreuses abréviations et des ligatures complexes. Par chance sur le revers, un archiviste du XIXe siècle a laissé des annotations utiles pour le déchiffrement..

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C'est le seigneur évêque de Cornouaille lui-même, Alain Le Maout, qui initie et signe ce document car les terres de Kerelan sont sous son escarcelle foncière, ainsi que de nombreuses autres mouvances gabéricoises (Creac'h-Ergué, Kerho, Quillihouarn, St-André, Kerampensal, Cleuyou ...). Kerelan est tellement important pour l'évêque qu'il y a fait placer dès 1425 ses gibets de justice à quatre poteaux, appelés aussi fourches patibulaires.

Alain Le Maout, né au Faouët, est évêque de Cornouaille de 1484 à 1493 après avoir été évêque de Léon de 1482 à 1484. Il est très influent à la cour du duc de Bretagne François II (père de la future duchesse Anne), auprès duquel il remplit les postes d'ambassadeur et confesseur. Il supervise la fin du chantier de reconstruction de la cathédrale et vraisemblablement celle de la chapelle de Kerdévot.

À noter que toute la partie sud-ouest de la paroisse d'Ergué-Gabéric englobant Kerelan et Le Cleuyou est avant la Révolution dépendante de Lanniron, dont le château est la résidence d'été des évêques de Cornouaille. Et pendant des siècles ces terres nobles sont gérées par le seigneur Evêque et son administration des Régaires en charge de son domaine temporel.

Le document de concession de 1490 démarre par « Nous Alain par la grâce de Dieu evesque de Cornouaille » et est signé « en notre maison épiscopale de la ville close de Quimper Corentin le vint quatriesme jour de juillet lan mil quatre centz quatre vingtz neuff ».

Le sceau de cire du seigneur évêque apposé est en très bon état et bien protégé dans une coquille de plastique : on y voit distinctement le chevron de son blason « d'argent au chevron d’azur bordé d'or  », tel qu'on peut le voir également sur le vitrail qui le représente sur une baie latérale de la cathédrale de Quimper.

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L'objet du document épiscopal est de donner les autorisations pour la construction d'un moulin à Kerellan par et pour le roturier exploitant Henry Cavellat. Ce n'est pas un aveu récurrent signé par le domanier, mais il reprend les termes de reconnaissance de rentes seigneuriales, à savoir les « censée » (5 sols dûs à chaque Saint-Michel) et « chefrente ».

Le détenteur du droit à moudre est Henry Cavelat et ses héritiers, Alain et Jean, conserveront le moulin qu'il déclare en 1540 avec une censée de 5 sols à payer au seigneur évêque successeur. En juillet 1489 l'exploitation est prévue comme suit : « il commencera à moudre bled le samedy de Caresme pressant 12 fevrier 1490 après que ledit moulin sera moulant ».

La localisation du moulin est précisée et par déduction on le situe dans le vallon sur un ruisseau se jetant dans la rivière d'Odet : « en un parc et fenier nomé prat an Enez ». « Prat an enez » ou la prairie de l'île (sans doute entre deux bras du ruisseau) et le « fenier » désignant un stockage de foin. Un autre moulin préexistant, le moulin du chartier du Cleuyou, situé à l'embouchure du Jet et de l'Odet, est mentionné en fin d'annotation.

Le moulin, l'île et le fenier de Kerelan sont confirmés par un aveu de 1540 des successeurs Cavelat, alors que la parcelle en question est nommée « Prat an milin » en 1556 et 1562, puis « Foennec ar veil » dans le cadastre napoléonien de 1838. Le moulin, complètement disparu aujourd'hui, n'est plus mentionné comme étant « moulant » bien avant 1789.


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En savoir plus : « 1489 - Concession de l'évêque de Cornouaille pour la construction du moulin de Kerhelan », espace Archives.




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