« Blog 25.04.2026 » : différence entre les versions

De GrandTerrier

Aucun résumé des modifications
Ligne 11 : Ligne 11 :
Le 6 décembre 1913 un entrefilet permet au journal de féliciter nommément Louis Le Roux, maire d'Ergué-Gabéric, pour son courage à demander que l’État français soit plus engagé dans l'assistance aux Familles nombreuses : « <i>Le Conseil d'Ergué-Gabéric émet le vœu que l’État prenne à sa charge la totalité des dépenses occasionnés par l'application de la loi du 14 juillet 1913, sur les familles nombreuses, à l'exclusion des départements et des communes, de façon à répartir ces dépenses du pays et non sur les communes et départements de forte natalité, le Finistère en tête.</i> » Et le journaliste d'insister : « <i>Voilà un Conseil municipal qui commence à voir une partie de la vérité ; à savoir que tant que la Bretagne n'administrera pas elle-même ses intérêts, elle payera beaucoup, et touchera peu.</i> »
Le 6 décembre 1913 un entrefilet permet au journal de féliciter nommément Louis Le Roux, maire d'Ergué-Gabéric, pour son courage à demander que l’État français soit plus engagé dans l'assistance aux Familles nombreuses : « <i>Le Conseil d'Ergué-Gabéric émet le vœu que l’État prenne à sa charge la totalité des dépenses occasionnés par l'application de la loi du 14 juillet 1913, sur les familles nombreuses, à l'exclusion des départements et des communes, de façon à répartir ces dépenses du pays et non sur les communes et départements de forte natalité, le Finistère en tête.</i> » Et le journaliste d'insister : « <i>Voilà un Conseil municipal qui commence à voir une partie de la vérité ; à savoir que tant que la Bretagne n'administrera pas elle-même ses intérêts, elle payera beaucoup, et touchera peu.</i> »


Est-ce que le maire d'Ergué-Gabéric est pour autant un militant régionaliste ? L'année précédente, il fait l'objet de commentaires critiques de la part du préfet  : « <i>Cette commune a toujours été réactionnaire. Le maire M. Le Roux est un paysan manquant de franchise</i> ». Du côté du diocèse on approuve au contraire : « <i>Ce n'est pas à Ergué-Gabéric qu'on trouvera, de longtemps, la séparation de l'Église et de l'État</i> »
Est-ce que le maire d'Ergué-Gabéric est pour autant un militant régionaliste ? L'année précédente, il fait l'objet de commentaires critiques de la part du préfet  : « <i>Cette commune a toujours été réactionnaire. Le maire M. Le Roux est un paysan manquant de franchise</i> ». Du côté du diocèse on approuve au contraire : « <i>Ce n'est pas à Ergué-Gabéric qu'on trouvera, de longtemps, la séparation de l'Église et de l'État</i> ».
}}{{Box|
}}{{Box|
[[Image:BlogArBobl1913.jpg|490px|center|link=Le maire Louis Le Roux et la loi d'assistance aux familles nombreuses, Ar Bobl 1913]]
[[Image:BlogArBobl1913.jpg|490px|center|link=Le maire Louis Le Roux et la loi d'assistance aux familles nombreuses, Ar Bobl 1913]]

Version du 24 avril 2026 à 18:19

Régionalisme et répartition des dépenses sociales en 1913


Le billet du journal « Ar Bobl » à propos du vœu exprimé par le maire d'une prise en charge complète de l'assistance des familles nombreuses.

ArBobl6Dec1913.jpg

L'hebdomadaire « Ar Bobl » - le Peuple en breton - a été fondé par le journaliste militant François Jaffrennou en 1914 depuis la ville de Carhaix avec cette ambition d'être le « Journal des Paysans et des Intérêts Particuliers de la Bretagne ». Les thèmes traités sont régionalistes, agricoles, sociaux et littéraires.

Avec un titre de directeur ès Lettres de l'Université de Rennes, Jaffrennou est connu sous le pseudonyme de « Taldir » comme président du Collège des Druides, Bardes et Ovates de Bretagne. Pendant la Seconde guerre mondiale, il soutient le régime de Vichy et siège au Comité consultatif de Bretagne mis en place par le régime pétainiste. Arrêté à la Libération, il est condamné à cinq ans de prison et d’indignité nationale et à la confiscation d’un quart de ses biens.

Le 6 décembre 1913 un entrefilet permet au journal de féliciter nommément Louis Le Roux, maire d'Ergué-Gabéric, pour son courage à demander que l’État français soit plus engagé dans l'assistance aux Familles nombreuses : « Le Conseil d'Ergué-Gabéric émet le vœu que l’État prenne à sa charge la totalité des dépenses occasionnés par l'application de la loi du 14 juillet 1913, sur les familles nombreuses, à l'exclusion des départements et des communes, de façon à répartir ces dépenses du pays et non sur les communes et départements de forte natalité, le Finistère en tête. » Et le journaliste d'insister : « Voilà un Conseil municipal qui commence à voir une partie de la vérité ; à savoir que tant que la Bretagne n'administrera pas elle-même ses intérêts, elle payera beaucoup, et touchera peu. »

Est-ce que le maire d'Ergué-Gabéric est pour autant un militant régionaliste ? L'année précédente, il fait l'objet de commentaires critiques de la part du préfet  : « Cette commune a toujours été réactionnaire. Le maire M. Le Roux est un paysan manquant de franchise ». Du côté du diocèse on approuve au contraire : « Ce n'est pas à Ergué-Gabéric qu'on trouvera, de longtemps, la séparation de l'Église et de l'État ».

BlogArBobl1913.jpg

Catholique affirmé, on voit Louis Le Roux au premier rang aux cérémonies d'installation des nouveaux recteurs de la paroisse, et lors du pardon de Kerdévot en septembre 1913 il est photographié - à droite ci-dessus - et cité dans les journaux : « Derrière le clergé marchent le maire et ses adjoints, ceints tous trois de leur écharpe tricolore ».

Mais ce qui motive son vœu est sans doute de vouloir protéger les finances communales qui au début du XXe siècle sont très sollicitées pour les « indigents et assistés », le bureau de bienfaisance devant très souvent débloquer des aides numéraires. La loi du 14 juillet 1913 prévoit le versement d'une allocation à tout chef de famille d'au moins quatre enfants de moins de treize ans et ne disposant pas de ressources suffisantes, mais manifestement cette aide est insuffisante et les communes doivent fournir des compléments.

Un mois plus tard, le 3 janvier 1914, le journal « Ar Bobl » se fait l'écho de la mort tragique d'un mendiant pour lequel la politique sociale n'a rien pu faire : « Le froid fait également des victimes. C'est ainsi que vers 5 heures, au moment où il regagnait son domicile, Guillaume Le Moigne, bedeau à Ergué-Gabéric, a découvert étendu mort, près d'un tas de billettes, un nommé Louis Le Breton, âgé de 59 ans. »


JournalVendeur.jpg
En savoir plus : « Le maire Louis Le Roux et la loi d'assistance aux familles nombreuses, Ar Bobl 1913 », espace Journaux.




Right.gif Retour à la liste des billets