Pierre-Marie et Marie-Anne Le Corroller, instituteurs publics de 1913 à 1919
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Autres lectures : « Espace "Les Instits" » ¤ « Les institutrices et instituteurs en poste à Ergué-Gabéric » ¤ « 1849-1856 Ouverture de la première maison d'école communale au Bourg » ¤ « 1883-1885 - Construction de l'école des garçons au Bourg » ¤ « 1886 - Ouverture de l'école communale des filles dans la maison d'école du Bourg » ¤ « 1919 - Les citations militaires de l'adjudant Pierre Marie Le Coroller » ¤ « 1908-1921 - Epidémies de grippe, rougeole, dysenterie et teigne dans les écoles » ¤
Présentation
Le couple Coroller (lui né à Châteaulin en 1886, elle à Plourin en 1887, mariés en août 1911) seront mutées ensemble dans les écoles publiques de Carhaix, Ergué-Gabéric, Fouesnant et Brest. À Ergué de 1913 à 1919 ils exercent leur métier d'instituteurs au bourg, respectivement dans l'école élémentaire des garçons (2e classe, CE1 et CE2) et dans celle des filles (1ère classe, CM-CE2).
Lors des inspections académiques en 1915 et 1916, les éloges pour les deux enseignants sont appuyés :
- « M. Le Corroller est un maître intelligent et actif qui a su très vite adapter son enseignement aux besoins du cours élémentaire qu'il dirige depuis la dernière rentrée des classes. Il travaille avec régularité, enseigne clairement et avec goût. »
- « Mme Le Corroller est une maîtresse intelligente, consciencieuse et très ordonnée. Je l'ai surtout jugée, à l'examen de ses cahiers de préparation et de ses cahiers d'élèves ; l'impression est très satisfaisante : du soin, du travail efficace et bien compris. »
En mars 1915, Pierre-Marie Le Corroller est mobilisé. Et il est blessé le 10 janvier 1916 en pleine campagne de Champagne, ainsi que l'atteste une lettre de son épouse : « mon mari, Mr Le Corroller Pierre adjudant au 411ème Régiment d'Infanterie 8eme Compagnie a été blessé d'un éclat d'obus à la jambe droite, le 10 Janvier, en avant de Beauséjour. Il est à l'hôpital de Lamothe n° 115 bis à Villeneuve-sur-Lot. »
Il retourne au front, et là c'est en Lorraine, dans l'opération épique du bois des Ervantes à Moncel-sur-Seille qu'il est de nouveau blessé, ce qui lui vaut une de ses 5 citations militaires. Pour les détails sur ses faits d'armes, voir l'article « 1919 - Les citations militaires de l'adjudant Pierre Marie Le Coroller » ¤ (à noter que son nom sur ses papiers militaires est orthographié avec un seul premier R).
Son épouse Marie-Anne est soignée en 1917 suite à un foyer épidémique de dysenterie à l'école des filles du bourg : « L'école de filles se trouve en plein foyer d'épidémie. Il existe de nombreux malades dans le quartier qui laisse beaucoup à désirer au point de vue de l'hygiène. L'institutrice adjointe Mlle Thomas a été atteinte, mais s'étant soignée à temps elle est actuellement en voie de guérison. ».
D'après la lettre du directeur de l'école de garçons la situation est grave : « A l'école de filles qu'ils ont visitée {les médecins militaires] ont déclaré à Mme Le Corroller qu'ils demanderaient le licenciement de son école. Depuis ces visites la situation est stationnaire. »
Dossiers individuels d'instruction publique
Pierre-Marie Le Corroller
- 1 T 548
Inspection du 19 janvier 1914 :
M. Le Corroller est un maître intelligent et actif qui a su très vite adapter son enseignement aux besoins du cours élémentaire qu'il dirige depuis la dernière rentrée des classes. Il travaille avec régularité, enseigne clairement et avec goût.
La classe est convenablement entraînée, assez homogène, elle fait de sensibles progrès.
Fiche de situation militaire :
1°) Noms et prénoms : Le Corroller Pierre-Marie
Date et lieu de naissance : 20 Mai 1886. Châteaulin (Finistère)
Classe de recrutement : 1906
Classe de mobilisation: 1904 (engagé volontaire le 25 septembre 1906 à Quimper (Finistère).
N° au registre national de recrutement : 1675
Bureau de recrutement : Quimper.
2°) Services militaires du 25 septembre 1905 au 25 septembre 1906 (dispensé art. 23) E.D.R.
3°) Services de guerre
a) à l'intérieur du 2 août 1914 au 10 mars 1915 (318e R.I.) (parti le 5 août 1914 avec le 318e R.I? évacué typhique).
b) aux armées du 10 mars 1915 au 10 janvier 1916 (blessure de guerre. Maison de Champagne).
du 17 sept 1916 au 20 février 1918 (blessure de guerre. Moncel Lorraine).
donc bénéficier de la double campagne du 10 mars 1915 au 20 février 1919 (arrêt du Conseil d'Etat du 17 mars 1932) pour tout blessé de guerre.)
aux armées au 411e Régiment d'Infanterie (avec ses 4 citations à l'armée).
La prime de démobilisation m'a été payée par le dépôt du 118e R.I. Quimper le 22 Mars 1919.
Signature : (Le Corroller), médaillé militaire. Croix de guerre 1914-1918.
Lettre de démobilisation :
Ergué-Gabéric le 27 Mars 1919
Le Corroller instituteur-adjoint à Ergué-Gabéric (bourg)
à Monsieur l'Inspecteur d'Académie.
J'ai l'honneur de vous faire connaître que j'ai été démobilisé le 22 Mars 1919.
Je vous demande de bénéficier de l'autorisation d'absence prévue par la circulaire du 9 décembre 1918.
Signature : (Le Corroller)
Lettre de Mme suite à blessure de 1916 :
Madame Le Corroller. Institutrice à Ergué-Gabéric
Monsieur l'Inspecteur d'Académie
J'ai l'honneur de vous faire savoir que mon mari, Mr Le Corroller Pierre adjudant au 411ème Régiment d'Infanterie 8eme Compagnie a été blessé d'un éclat d'obus à la jambe droite, le 10 Janvier, en avant de Beauséjour. Il est à l'hôpital de Lamothe n° 115 bis à Villeneuve-sur-Lot.
A Ergué-Gabéric le 24 Janvier 1916. Signature : (M. Le Corroller)
Marie-Anne Le Corroller, née Thomas
- 1 T 655
Inspection du 6 mars 1916
Mme Le Corroller est une maîtresse intelligente, consciencieuse et très ordonnée. Je l'ai surtout jugée, à l'examen de ses cahiers de préparation et de ses cahiers d'élèves ; l'impression est très satisfaisante : du soin, du travail efficace et bien compris.
Compléments
- ADF-1T804
Ergué-Gabéric, le 15 octobre 1917
L'Instituteur d'Ergué-Gabéric à Monsieur l'Inspecteur d'Académie.
En réponse à votre note du 13 courant, j'ai l'honneur de vous renseigner sur l'état sanitaire dans la commune.
Des cas de dysenterie graves se sont en effet produits à Ergué-Gabéric. La maladie s'est déclarée il y a près d'un mois. Il y a actuellement une cinquantaine de malades dans toute l'étendue de la commune. Sept décès sont déjà survenus dont deux au bourg.
L'école de garçons ne compte jusqu'à présent qu'un malade, alité depuis le 5 courant ; son état est assez grave. Cet élève n'a pas dû contracter la maladie à l'école mais plutôt au dehors.
L'école de filles se trouve en plein foyer d'épidémie. Il existe de nombreux malades dans le quartier qui laisse beaucoup à désirer au point de vue de l'hygiène. L'institutrice adjointe Mlle Thomas a été atteinte, mais s'étant soignée à temps elle est actuellement en voie de guérison.
Des enquêtes ont été faites par des médecins civils et militaires. Monsieur le docteur Colin a prescrit certaines recommandations à la population. Ces recommandations ont été expliquées à l'école, copiées et communiquées aux parents. Deux médecins militaires venus de Lorient ont visité mardi dernier tous les malades de la commune. Étant venus à la mairie ils m'ont conseillé d'écarter de l'école les enfants en contact avec les malades ; de ce fait quatre élèves ne suivent plus les classes.
A l'école de filles qu'ils ont visitée ils ont déclaré à Mme Le Corroller qu'ils demanderaient le licenciement de son école. Depuis ces visites la situation est stationnaire.
Je n'ai pas jugé à propos de vous informer, Mme l'institutrice l'ayant fait. Si la situation venait à s'aggraver je vous aviserais aussitôt.
L'Instituteur, Tanguy.
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