L'érection de la chapelle de Saint-Guénolé au XVIe siècle - GrandTerrier

L'érection de la chapelle de Saint-Guénolé au XVIe siècle

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Catégorie : Patrimoine
 Site : GrandTerrier

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§ E.D.F.

Voici les éléments qui permettent de déterminer la date de la construction de la chapelle de St-Guénolé sur des terres qui dépendent des seigneurs abbés de Landévennec du 15e au 17e siècles.

Analyse des archives, notices paroissiales d'Yves Le Goff et notes de Louis Le Guennec.

Autres lectures : « Historique de la chapelle de Saint-Guénolé » ¤ « PEYRON et ABGRALL - Notices sur les paroisses de l´évêché de Quimper et de Léon » ¤ « COUFFON et LE BARS - Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper » ¤ « 1447 - Aveu fourni pour Quellennec à l'abbaye de Landévennec par Guiomarch Le Gaces » ¤ « 1516 - Aveu rendu pour Quellenec à l'abbé de Landévennec par Yves du Meinguen » ¤ « 1647-1670 - Aveux à l'abbé de Landévennec pour les terres de Quélennec et de St-Guénolé » ¤ « 1634-1639 - Acte prônal, lettres patentes du Roi, registre du Parlement et prééminences » ¤ « 1680-1682 - Papier terrier et déboutement de réformation du domaine de Kerfors » ¤ « 1910-1935 Notes et coupures gabéricoises de Louis Le Guennec » ¤ « LE GOFF Yves - Kannadig Intron Varia Kerzevot » ¤ 


[modifier] Présentation

Les documents d'archives connus à ce jour ne donnent pas malheureusement la datation précise de la chapelle :

  • En 1447 et 1516 les terres voisines de Quélennec, et celles du village d'Helen en Edern sont déclarées propriétés du seigneur abbé de Landévennec, mais la chapelle n'y est pas mentionnée.
  • En 1634-38 différents actes et déclarations juridiques autorisent les seigneurs de Lezergué à revendiquer des prééminences sur la « chappelle de Sainct Guehnollay » et sur l'église paroissiale.
  • De 1647 à 1670, les terres de Quélennec sont toujours sous la juridiction des abbés de Landévennec, seigneurs de Guelvain en Edern, et les aveux évoquent à plusieurs reprises « la chappelle de Monsieur Sainct Guénollé ».

D'où le créneau entre 1516 et 1634 pour l'érection de la chapelle Saint Guénolé ou Saint Guezennec (cette dernière appellation est rappelée en 1893 dans le Bulletin de la S.A.F. par le vicaire mémorialiste Antoine Favé) et dédiée au fondateur de l'abbaye de Landévennec. À noter que les anciennes chapelles de Notre-Dame de Helen et de Guelvain, toutes deux en Edern, ont également été bâties au XVIe siècle.

Dans les notices et inventaires patrimoniaux officiels du début du XXe siècle de Peyron et Abgrall et de Couffon et Le Bars aucune hypothèse plus détaillée n'est avancée. Par contre le texte du nouveau répertoire diocésain émet l'idée d'une date précoce du fait de l'arc diaphragme ancien  : « date du début du XVIe siècle (sans doute avant 1530 : chevet plat ; arc diaphragme démodé en 1525). »

Un autre indice est apporté par un témoignage et observation sur les fragments des vitraux de la verrière qui ont complètement disparu au début du XXe siècle. Ce texte est dans un article détaillé de deux pages sur la chapelle publié en janvier 1929 [1] dans le bulletin paroissial Kannadig Intron-Varia Kerzevot (cf fac-similé et transcription ci-dessous) : « Au sommet du panneau central, le Christ en croix ; Longin lui perce le flanc ; un soldat porte une banderole sur laquelle on lit la date de 1554. De chaque côté de la croix, se tiennent les deux larrons ; le mauvais larron est contorsionné et un démon violet guette son âme ; au dessus, une tête de dragon, la gueule ouverte. ».

 
Passion à Guimiliau, photo JY Cordier, © www.lavieb-aile.com
Passion à Guimiliau, photo JY Cordier, © www.lavieb-aile.com
Avec une telle description, notamment la tête de dragon qui nous évoque le griffon du Stangala à proximité de la chapelle, on aurait bien aimer voir ce vitrail, peut-être aussi magnifique que celui ci-contre dans l'église de Guimiliau.

La date de 1554 est sans doute aussi crédible que 1516-1530, en tous cas pour la finalisation de la maitresse-vitre. Par ailleurs ce texte est illustré par un croquis de Louis Le Guennec, ce qui fait qu'on a pu penser qu'il en était l'auteur. Mais ses écrits sur la chapelle, avec un vocabulaire et style différents, sont bien plus lapidaires. Nous pensons plutôt que l'article paroissial a été rédigé par le rédacteur du bulletin Kannadig, le vicaire gabéricois Yves Le Goff, ce qui ne lui enlève pas un intérêt historique indéniable.

Croquis de Louis Le Guennec, publié dans le Kannadig de 1929 et à titre posthume dans le livre "Histoire de Quimper Corentin et son canton"


[modifier] Documentation

Transcription

Saint Guénolé. Ergué-Gabéric.

On l'appelait aussi Saint Guezennec. D'après une déclaration de Guy de Charmoy pour Lezergué et Kernaou, la seigneurie de Lezergué y avaient leurs armes (de gueules à 3 épées d'argent) dans la vitre du côté de l'évangile et sur le clocher en bosse.

La cloche fut refondue en 1777 par Goubellin fondeur à Quimper (Bulletin S.A.F., 1893, 56 et 68)


Pour aller visiter le Stang-Allar au nord-est de Quimper on suit la route de Coray que l'on quitte près d'un tertre naturel nommé la montagne des justices, d'où la vue est charmante sur le bassin de Quimper, puis on monte sur un plateau compris entre l'Odet, à gauche, et l'un de ses affluents à droite qui a une vallée profonde. On aperçoit à droite le petit clocheton de la chapelle de Saint Guénolé. Cette chapelle est un édifice du XVIe siècle. La façade sud à 3 fenêtres pratiquées dans des pignons et garnies de meneaux, ainsi que la grande vitre. À l'intérieur on trouve une nef et deux bas-côtés séparés par des colonnes hexagonales soutenant des arcades ogivales d'un tracé assez pur.

Dans la grande vitre, il y a quelques débris de vitraux, un Christ en croix, les deux larrons et un ange portant la croix. Dans une fenêtre à gauche, il a aussi un éclat d'une scène de l'Annonciation.

Au maitre autel, statues de Saint Herbot et de Saint Guénolé. Le premier a encore une statue contre le pilier de la chaire, avec un large chapeau et une tête émaciée - un saint évêque dans le bas-côté droit est nommé aussi Saint Guénolé. Les frises sculptées de la nef et des bas-côtés sont très anciennes : on y trouve des animaux ; dragons et lions affreux dont les oreilles, les queues, les poils se recourbent en terminant en feuillages ; têtes casquées ayant beaucoup de caractère ; têtes autour d'un large pain godronnier, etc.

 

Transcription

Ergué-Gabéric. Chapelle de Saint Guénolé

Elle est bâtie sur un point culminant, au sud du vieux village de Kelennec, non loin de la belle pointe de Griffonez. Autrefois, son clocher élancé était aperçu de fort loin et servait de point de ralliement aux compagnies de chasseurs qui fréquentaient cette région. Héla ! la foudre l'a abattu en 1911, et le clocheton moderne qui le remplace émerge à peine des arbres.

À l'extérieur la maçonnerie est toute en pierre de taille, avec contreforts et fenêtres flamboyantes surmontées de pignons aigus. Il n'y a aucune recherche décorative, ni arcades feuillagées, ni chevronnières à crochets, et aucun écusson, ni au dehors, ni au dedans.

À l'intérieur, la chapelle est divisée en une nef et deux bas-côtés, comptant cinq travées. Quatre des piliers sont cylindriques et quatre octogonaux, à bases peu ornées et arcades très simples.

La grande fenêtre, à trois panneaux et à trois soufflets, contient quelques fragments de vitraux. Dans le soufflet d'en haut, on aperçoit un Père Eternel, bénissant et portant la boule du monde ; il est coiffé d'une sorte de turban vert. À gauche, dans le deuxième panneau, un ange porte la croix ; et derrière lui un autre ange se prosterne pour l'adorer.

Au sommet du panneau central, le Christ en croix ; Longin lui perce le flanc ; un soldat porte une banderole sur laquelle on lit la date de 1554. De chaque côté de la croix, se tiennent les deux larrons ; le mauvais larron est contorsionné et un démon violet guette son âme ; au dessus, une tête de dragon, la gueule ouverte.

§ Vieilles statues ...

Autres références :


[modifier] Annotations

  1. Merci à Arkae et à Marilyne Cotten de nous avoir scanné ces pages 15 et 16 du Kannadig n° 27 du 15.01.1929 [Ref.↑]
  2. Camail, s.m. : petit manteau couvrant les épaules jusqu'à la ceinture, que portent les dignitaires ecclésiastiques dans les cérémonies ; pèlerine à capuchon que le clergé porte en hiver (TLFi) [Terme] [Lexique] [Ref.↑]


Thème de l'article : Mémoires de nos anciens gabéricois.

Date de création : Mai 2021    Dernière modification : 28.06.2021    Avancement : Image:Bullorange.gif [Développé]